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Formation sacerdotale et formation digitale

Global TechnologyAu sujet de la formation à la vie consacrée ou sacerdotale, je pense qu'il est important de comprendre que l'objectif ne doit pas être uniquement l'acquisition de compétences et d'habilités spécifiques: éduquer ne signifie pas instruire. Le premier sens de "éduquer" devrait en réalité comprendre ce que l'on vit, c'est-à-dire raisonner sur l'expérience, et avant tout sur sa propre expérience. Le premier devoir d'un formateur n'est pas de faire suivre des cours spécifiques sur la manière de créer un blog ou comment être présent sur les réseaux sociaux, mais de discuter avec les personnes en formation sur la manière dont elles vivent déjà en réalité l'environnement digital; sur la manière dont ils sont présents sur le net et selon quelles modalités; quelles sont les expériences qu'ils ont vécues, bonnes et mauvaises, éventuellement; quels sont les enthousiasmes, les désillusions, les tentations et les vertus. Les séminaristes ou les religieux en formation aujourd'hui, en général, sont déjà présents dans le monde digital. Il ne faut pas imaginer les jeunes comme tabula rasa ou, pire, table "à effacer". L'ascèse en ce sens a une valeur. Parfois il est bon de se déconnecter. Mais l'objectif ne doit pas être le simple "détachement" comme si l'environnement virtuel était une tentation en soi, mais l'apprentissage d'une manière mature de vivre (online et offline: la vie est unique!). Ce n'est qu'à partir d'un jugement le plus mature possible sur sa propre expérience qu'on parvient à former un ministre ordonné ou un religieux appelé à former les autres à vivre à la hauteur de leur humanité et de leur spiritualité.

In Cyberthéologie, Penser le christianisme à l'heure d'internet, par Antonio Spadaro, sj. (Ce texte est en note au bas des pages 80 et 81)

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